L’outil Sisem utilisé en coaching d’orientation pour les jeunes.

Par Eddy Paquay, ancien enseignant et formateur, cadre technico-commercial, coach indépendant, … et parent d’ados.

 

Je suis régulièrement attentif aux réflexions de jeunes diplômés qui ne se retrouvent pas dans ce que le marché de l’emploi leur propose, ou qui décrochent professionnellement, parfois sans comprendre ce qui leur arrive ... Sans compter tous ceux qui abandonnent en route, bifurquent, en disant : « Je me rends compte que ce n’est pas ce qui me plaît », « J’ai suivi des cours parce que j’étais sur des rails, tout semblait logique» … ou encore : « c’est pour faire plaisir à mes parents que je me suis lancé dans ces études-là ». Est-ce un manque de volonté ? De discernement ?

 

Aujourd’hui pourtant, les possibilités de s’informer sur les études, les métiers, ne manquent pas : les centres PMS, les services infor-jeunes et autres organismes ou institutions sont des lieux ressources pour nos adolescents en questionnement sur leur orientation future. Les organismes de formation font même la promotion des « métiers d’avenir", ciblent certains secteurs où la pénurie est telle que le diplômé est quasi assuré d’obtenir un contrat de travail, parfois avant le terme de sa formation.

 

Où est le problème ? J’ai envie de vous proposer le démontage d’un cliché (parmi d’autres) pour commencer.

 

- Joyeux anniversaire ma grande !

- Merci mamy, c’est gentil cette carte, … et le billet dedans ;-) Ça me fait plaisir et ça financera une partie de mes vacances !

- Tu sais 18 ans ça compte dans une vie ; tu termines tes humanités dans huit mois. Que vas-tu faire après ? Il faudrait te décider tu sais. Jusque-là ta mère me disait que tu ne savais pas encore quel métier choisir ?

- Euh Mamy, ne pourrait-on pas reparler de cela à un autre moment ? A toi je peux le dire, ça me saoule de devoir choisir un métier dès maintenant ! Je sais qu’il faut faire des études, et qu’il faut se donner des chances de trouver du travail, qu’il est bien d’avoir un diplôme qui ouvre au marché de l’emploi… et blablabla Mais je ne suis pas une marchandise à mettre sur un marché moi, je suis quelqu’un, une personne avant tout … J’ai bien sûr très envie de rentrer dans la vie active, le monde des adultes, … mais peut-être pas de la même manière que papy, que toi, que mes parents ?! Laissez-moi un peu de temps s’il vous plaît, j’ai besoin de réfléchir et de bien sentir ce que je veux devenir … Oui c’est ça, … ou plutôt sentir « qui je veux devenir », ce serait encore mieux, non ? Qu’en penses-tu Mamy ? ;-)

 

Pour Mamy Emilie, préoccupée par le futur de sa petite fille, la vision de l’avenir professionnel ne se situe pas sous le même angle. Elle se souvient, avec un pincement au cœur : pour beaucoup d’adultes de son époque, la question était de « trouver un bon travail, chez un employeur sérieux,  et qui paie régulièrement ». Quel adulte n’a pas entendu un proche lui dire : « Quand on a un travail aujourd’hui, on ne se plaint pas » ? Pour beaucoup de parents actuels (dont je fais partie) « faire sa place » dans un monde du travail en mutation constitue un enjeu majeur pour nos jeunes ; et en même temps, il est question qu’ils se construisent un avenir pour lequel nombre de certitudes du passé sont devenues chancelantes. Mais sur quel modèle ? Mon propos est de vous présenter une approche alternative dans l’aide à l’orientation en évitant la sophistication, le calcul, et les voies « toutes tracées ».

 

L’approche d’orientation et de profil de motivation avec l’outil Sisem présente les particularités suivantes :

- Elle est SIMPLE, mais sans être simpliste

- Elle fait appel au PLAISIR et au SENS

- Le Sisem a été créé sur base de centaines d’entretiens individuels avec des travailleurs, des candidats à l’embauche, des managers, et part donc du vécu de ces gens.

- Couplée à une méthodologie de COACHING présentant certains moments ludiques, d’autres plus « académiques », l’approche offre assez rapidement un éclairage sur les pistes d’orientation en regard des vraies SOURCES DE MOTIVATION d’une personne.

- A l’inverse, cette approche peut aussi aider le jeune à oser « fermer des portes », ouvertes par une appréciation biaisée, par une fidélité à une image ou à une tradition familiale, etc.

- Le jeune y valide les diverses étapes du processus, et c’est lui qui valide le PROFIL DE MOTIVATION. Le but du coaching n’étant pas de coller une étiquette et briser des rêves, mais d’ouvrir sur les possibilités les plus larges sous un regard peut-être inhabituel, en allant à la connaissance de soi par la co-construction dans un processus cadré.

 

C’est un outil aux finalités multiples : ressources humaines, management, constitution et gestion d’équipes, développement de carrière, … Son point d’origine est un constat récurrent : les individus s’engagent de manière spontanée dans les activités qui les stimulent. Cela vaut autant dans le travail que dans les activités sociales, de loisirs, en famille, etc. En établissant des points communs, en croisant ses nombreuses observations et recherches, Eric Mortier, créateur de la méthode et des modules de formation à l’utilisation du Sisem, est parvenu à établir une « modélisation » de l’envie, de la motivation des personnes dans l’exercice de leur profession. Il y est fait référence aux éléments sources de motivation intrinsèque, celle qui vient de l’intérieur. Motivation que l’on pourra différencier de la motivation extrinsèque (la valorisation sociale, le salaire, les avantages extra-légaux, etc.) dépendant toujours de l’extérieur, de l’autre : mon patron, mes collègues, mes clients, mes patients, mes élèves, mes voisins, ma mère, etc. Ainsi, un verbe désigne chacune de ces sources intérieures encore appelées « MOTEURS » alliant PLAISIR et SENS. Au cours de notre vie, nous faisons appel, consciemment ou non, à ces moteurs, et ce sont eux qui nous propulsent dans nos activités spontanées, celles qui sont plaisantes à vivre parce qu’elles nous correspondent. Ils (les moteurs) sont au nombre de six : 

 

Conquérir - Construire - Explorer - Créer - Rencontrer - Accompagner

 

Comment ces six verbes peuvent-ils aider un jeune à trouver sa voie ? La combinaison de ces moteurs, propre à chaque individu, permet de définir un « profil de motivation » avec des tendances dominantes. Dans l’aide à l’orientation d’un jeune, ce profil individuel va lui permettre de se concentrer sur les conditions propices à son épanouissement, et compléter ses critères de choix parfois trop limités aux compétences, à la personnalité de sa fin d’adolescence, et aux avis de l’entourage. On va parler de ce qui fait vibrer, de talents, de valeurs personnelles, et amener la personne à se focaliser sur ce qui serait « juste » pour elle pour qu’elle se sente à sa place, à ce moment de sa vie. Un feedback personnel ? Ce qui m’a séduit dans l’outil, c’est tout d’abord sa simplicité, la rapidité avec laquelle des liens peuvent se faire, en faisant appel à l’observation de soi, au ressenti, et en laissant de côté, au moins momentanément, le mental. C’est par l’expérimentation personnelle au cours des modules de formation suivis que j’ai obtenu la confirmation de la justesse de mes choix professionnels. Cette grille de lecture m’a permis de mettre en évidence le fil rouge de mes diverses expériences, toutes enrichissantes à leur niveau.

 

Aujourd’hui, entre autres, j’ai donc plaisir à accompagner les jeunes, ou moins jeunes, au fil de quelques séances de coaching, et les amener à dresser leur profil de motivation véritable, tout en faisant prendre conscience qu’il est évolutif, comme tout être humain finalement.